Accord-cadre entre deux universités du Sénégal et l’Université de Guyane

Accord-cadre entre deux universités du Sénégal et l’Université de Guyane

conventions cadres entre l'université de Guyane et 2 universités du Sénégale

Le 10 mai 2017, journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leur abolition, le Président de l’Université de Guyane a signé, lors de la 17ème assemblée générale de l’Agence Universitaire de la Francophonie, deux conventions de partenariat afin de favoriser les échanges universitaires entre la Guyane et le Sénégal

L’une avec le recteur de l’Université Cheik Anta Diop de Dakar, le Professeur Ibrahima Thioub et l’autre avec le recteur de l’Université Gaston Berger de St-Louis, le Professeur Baydallaye Kane.

Ces conventions font écho à une histoire partagée et une proximité culturelle ; elles renouent avec l’action des pères fondateurs de la négritude, Léopold Sedar Senghor et Léon Gontran Damas ; elles vont permettre de poser des regards croisés sur des problématiques communes : les dynamiques des sociétés, les migrations et les constructions des identités ; les approches comparées des pratiques religieuses afro-américaines mais aussi les énergies renouvelables, la santé tropicale, l’économie de la pêche… et bien d’autres thématiques porteuses de développement pour nos territoires.

Le choix du Sénégal du Sénégal, comme partenaire institutionnel, est pour l’Université de Guyane tout ce qu’il y a de plus naturel et cela pour les raisons suivantes :

  • L’épisode historique commun : celui de la traite négrière. Au départ de l’Ile de Gorée un des points d’arrivée était Cayenne. L’histoire moderne des Amériques noires en général, des Antilles et de la Guyane française en particulier commence sur les côtes africaines, dont Gorée, Saint-Louis, au Sénégal ou encore Ouidah au Bénin.
  • Autre fait historique attestant des échanges multiples entre la Guyane et le Sénégal pendant la colonisation : le bataillon de 150 Tirailleurs « sénégalais » (en réalité, ils venaient de différents pays d’Afrique) avait été installé en Guyane. Chargé de sécuriser Cayenne à la suite d’émeutes populaires en 1928 (mort du député Jean Galmot), oublié jusqu’en 1946, il n’en est parti qu’à la suite d’une révolte (scandale au cours d’un bal carnavalesque).
  • L’établissement d’une dimension plus politique de cette volonté d’échanges à travers quelques jumelages entre différentes villes dont :
    • Le jumelage Cayenne et Thiès, en 1962, signé entre Léopold HEDER Sénateur de la Guyane – Maire de Cayenne, et son Excellence Léopold SEDAR SENGHOR, Président de la République et Maire Honoraire de THIES.
    • Le jumelage Saint Laurent du Maroni et Saint-Louis du Sénégal d’une part, ou encore Cayenne et Dakar d’autre part qui se concrétisent toutes les années impaires par une activité sportive hautement symbolique entre la Guyane et le Sénégal : Rames – Guyane, qui partira cette année de Saint-Louis en novembre 2017.
    • Une Francophonie en partage avec au commencement le mouvement de la Négritude avec comme fondateurs Senghor, Damas et Césaire, dès les années 1929, à Paris. Ils ont apporté les cultures et les lettres africaines au rendez-vous du donner et du recevoir. Senghor, et Damas…
    • Une sollicitation croissante d’étudiants sénégalais désireux de s’inscrire à titre individuel à l’Université de Guyane ; procédure parfois compliquée faute de cadre institutionnel particulier. A titre d’information, il y a 2 doctorants sénégalais inscrits en Guyane actuellement.
    • Une présence très qualifiée d’Africains en général dans l’enseignement (et à l’Université de Guyane) et surtout dans le domaine médical et paramédical, aussi bien dans les hôpitaux que dans les cliniques privées (cardiologie, radiologie, chirurgie, ophtalmologie…).

Une présence sénégalaise forte dans le secteur commercial (restauration) et surtout de vêtements made in Sénégal (wax, bazin), très apprécié.

  • D’un point de vue géographique, Dakar et Cayenne sont les deux points géographiques francophones les plus proches entre les deux continents sud-américain et africain (3h à vol d’oiseau, 4000 km les séparent).

Tous ces éléments, et d’autres, justifient que nos universités, en 2017, prennent le relais pour combler un vide inexplicable : à ce jour, aucune convention n’existe entre l’Afrique francophone et la Guyane, comme il n’y en a pas eu entre les Antilles et l’Afrique. Les conventions signées sont donc les premières.