Sabine — une passion au service de la Terre

Sabine — une passion au service de la Terre

© photo : Nathanaël HO FONG CHOY

Rencontre avec Sabine, adjointe de la Directrice des Ressources Humaines et passionnée par la nature sous toutes ses formes. Elle vous raconte en toute simplicité son investissement quotidien pour sa passion : la préservation de notre Terre.

Parle-nous de ton poste. En quoi consiste-t-il ?
Je suis Sabine ROUE, adjointe de la Directrice des Ressources Humaines et gestionnaire RH. Je coordonne la gestion du personnel BIATSS (personnel administratif) et enseignants (avancement, congés, retraites, mobilité, etc.…). La cellule est composée de 2 agents et moi qui assure la coordination. A titre personnel, je gère plus précisément la gestion du personnel enseignant, la formation, les congés, les concours avec Mme ROBINEL, directrice des Ressources Humaines et des Moyens.

Tu es une amoureuse de la nature !!! Comment t’es venue cet engouement ?
J’ai été élevée dans un petit village breton, où nous passions nos temps libres à faire du vélo, à construire des cabanes dans les bois ou à pêcher. Mes parents ont fait le choix de m’élever dans ce cadre-là et je les en remercie. Je pense que ça vient de là. Ensuite, je suis longtemps restée une citadine mais avec ce besoin régulier d’aller me ressourcer en nature. La nature s’est de nouveau imposée à moi, lorsque j’ai survolé la Guyane pour la première fois en 2012. C’était tellement gigantesque. La nature était tellement présente. Je n’ai pas résisté. Je ne suis pas trop craintive, j’ai donc profité de ces années pour partir en escapade le plus souvent possible. Je suis retournée en métropole une année pour le travail. Je suffoquais, au sens propre comme au figuré. J’ai donc pris la décision de revenir là où je me sentais le mieux. La nature est un prêt magnifique qui nous est fait, et notamment en Guyane, où elle s’impose à nous. Nous nous devons de la respecter et surtout ne rien gâcher. Chacun de nous, doit en prendre le plus grand soin.

Comment se traduit concrètement cet amour ?
Au quotidien, je fais au mieux pour ne rien dégrader et faire en sorte que les générations futures puissent également connaitre les joies des cabanes dans les bois. Alors oui, je fais attention à plein de petites choses. J’économise l’eau, l’électricité. Je récupère l’eau de pluie, je n’ai pas de clim, je n’allume la lumière que lorsque c’est nécessaire. Lorsque c’est possible, je privilégie la marche ou le vélo ; avant de jeter quelque chose j’essaye de le réparer, je consomme juste ce dont j’ai besoin. J’essaye de ne pas gaspiller la nourriture, je consomme local, je consomme les produits de saison, j’achète peu et juste ce qui est nécessaire. Je privilégie les énergies vertes, aux énergies nucléaires. Au départ, je trouvais ça un peu contraignant. A présent, ce sont devenu des habitudes. J’ai encore des efforts à fournir, mais je me dis que je fais ma part. Chacun d’entre nous, devrait prendre conscience et faire la sienne. Je milite mais à la manière douce. Je ne suis pas une révolutionnaire. Je parle de ma manière de fonctionner avec les gens que ça intéresse et lorsqu’ils constatent que l’on vit très bien ainsi, parfois, ils décident également de faire leur part.

Concernant les associations et actions, oui, je suis un peu tout ça. Je fais partie de l’association des apiculteurs de Guyane, d’associations liées à l’agroécologie, au développement rural, à l’éducation à l’écologie. Malheureusement le temps me manque un peu pour y prendre une part active.

Une de mes activités préférées est d’écouter les anciens transmettre leurs expériences. Je suis assez admirative. Leur vie était rude, mais l’amour de la terre et le respect de certaines valeurs étaient bien là. Et surtout, ils ne semblaient pas plus malheureux ou plus « malades » que les nouvelles générations. Je ne refuse pas toute technologie, loin de là. Mais disons que je préfère aller en nature, cueillir raisonnablement ce que la nature nous offre. Pour fonctionner ainsi, il faut accepter de sortir un peu de son confort, se satisfaire de peu et s’attacher aux choses essentielles.

Si on pouvait exaucer un de tes rêves, quel serait-il ?
Ce n’est pas réellement une passion, mais une manière de vivre et de penser. J’aimerais sincèrement que nous prenions conscience que nous sommes en train de tout gâcher. Que les gens arrêtent de jeter tout, n’importe quoi, n’importe où. Que l’on arrête de prendre la terre pour une poubelle. Que l’on arrête de surconsommer. Ou au moins que l’on consomme intelligent. Cette terre n’est pas à nous, on nous l’a prêté pour un temps, nous devons en prendre le plus grand soin. Ne serait-ce que pour laisser, quelques coins de verdure et d’oxygène à nos descendants.

A titre perso, je rêve d’une petite kaz (autonomie énergétique), d’une petite ferme permacole (autonomie alimentaire) et de bains dans le fleuve au réveil le matin…

Je rêve également d’un carburant vert…

Les gens sont concernés par l’importance de l’écologie, mais se sentent souvent impuissants. Que peux-tu leur conseiller ?
Je n’ai pas de conseil en particulier. Juste aucun geste n’est inutile. Si chacun d’entre nous, y met du sien, on va y arriver. Commencer par des petits gestes quotidiens, le tri des déchets, diminuer les achats de produits importés, éteindre la lumière d’une pièce si personne ne s’y trouve, planter des arbres, se faire un petit coin de potager (d’ailleurs ce devrait être une matière dispensée aux plus jeunes), ne pas laisser l’eau couler lorsque l’on fait la vaisselle. Non seulement ces gestes sont bons pour la Terre, mais également pour le portefeuille. Selon moi, l’autonomie est une bonne chose. Par exemple, lorsqu’il y a des coupures ou des blocages, je ne ressens quasiment aucun impact et je continue à fonctionner comme à l’habitude.

As-tu de nouveaux challenges à assouvir au niveau de ta passion ? Souhaites-tu aller encore plus loin ?
Oui je continue, doucement, à mon rythme et je poursuis mon apprentissage. Mon objectif est bien cette kaz totalement autonome, au bord du fleuve. C’est également pour ça que je suis revenue. Sur un tableau plus large, j’aimerais voir moins de béton, moins de véhicules à moteur, et des potagers partagés en zone urbaine. Par exemple sur les espaces de la CTG ou de l’UG qui sait…

J’aimerai également produire, un jour, mon propre miel (label forêt Guyanaise).