Mission « Récif de l’Amazone » – Plongées à la rencontre de la faune du Récif de l’Amazone

Mission « Récif de l’Amazone » – Plongées à la rencontre de la faune du Récif de l’Amazone

Le 10 septembre 2019, un groupe composé de plongeurs professionnels et de scientifiques du CNRS et de l’Université de Guyane accompagnait les équipes de Greenpeace, à bord de l’Esperanza, pour 2 semaines d’exploration océanographique à la rencontre de la faune du Récif de l’Amazone. Pour cette occasion, cette équipe exposera ces premiers résultats lors d’une conférence de restitution le 30 septembre à 18h15 à l’Amphi C du Campus Troubiran.

Crédit photo : © Pierre Baëlen

Serge Planes (CNRS/CRIOBE) et Arnauld Heuret (Université de Guyane/Géosciences Montpellier) donneront ce lundi 30 septembre, à partir de 18h15, à l’Amphi C du campus de Troubiran, une conférence de restitution au cours de laquelle ils exposeront les premiers résultats de la mission tandis que François Chartier (Greenpeace) présentera les objectifs de la campagne de Greenpeace pour la protection des océans.

Mission « Récif de l’Amazone » : la découverte d’un écosystème sous-estimé

Ce relief sous-marin discontinu, localisé aujourd’hui à une centaine de kilomètres de la côte guyanaise et par environ 100 m de fond, avait été reconnu depuis les années 1960 par plusieurs missions océanographiques. Il est depuis lors interprété comme étant une relique d’un paléo-récif corallien datant de la dernière période glaciaire, mort depuis environ 14 000 ans et aujourd’hui démembré. Lors de la dernière glaciation, le littoral guyanais avait effectivement un tout autre visage : le niveau marin étant une centaine de mètres plus bas qu’actuellement, les alluvions amazoniennes, responsables de l’envasement actuel du littoral guyanais, étaient à l’époque directement rejetées dans les plaines abyssales. Les eaux littorales étaient claires et les coraux pouvaient se développer.

Ce récif corallien, bien que fossile, n’en abrite pas moins aujourd’hui un écosystème original qui a jusqu’alors été largement sous-estimé et sous-étudié. D’abord décrit dans les eaux brésiliennes en 2016 comme étant une association d’éponges et d’algues rouges, Greenpeace a pu en 2017 puis en 2018 en vérifier la continuité dans les eaux guyanaises grâce à l’utilisation de robots-plongeurs et de sous-marins. C’est sur la base des premières images alors remontées qu’une mission scientifique a été pensée pour d’abord cartographier et mesurer l’extension des récifs guyanais et, surtout, en caractériser la biodiversité plus en détail. Pour la première fois, un groupe de plongeurs a ainsi été mis à contribution pour accéder directement aux récifs, les filmer et échantillonner une faune marine guyanaise jusqu’alors insoupçonnée, associant, entre autres, éponges, ophiures, crinoïdes, hydraires, coraux noirs et gorgones.