Accommodements frontaliers : soldats espagnols et populations indigènes en Louisiane et Floride (1763-1803)

Accommodements frontaliers : soldats espagnols et populations indigènes en Louisiane et Floride (1763-1803)

Accommodements frontaliers : soldats espagnols et populations indigènes en Louisiane et Floride (1763-1803)

L’EA MINEA et l’USR LEEISA, adossé au master CCS-SI du DFR LSH et au master PIETAS de l’INSPE, vous convient à la nouvelle séance du séminaire « Frontières, circulations, interculturalités et interactions Hommes-Milieux ». Celle-ci aura lieu mardi 11 février 2020 et sera présentée par Soizic CROGUENNEC, Maître de conférences en histoire moderne. Elle interviendra sur le thème « Accommodements frontaliers : soldats espagnols et populations indigènes en Louisiane et Floride (1763-1803) » de 16h à 18h en salle F 106 au Campus de Troubiran.

L’addition de la Louisiane aux territoires hispano-américains à la suite du traité de Paris en 1763 ainsi que la récupération des Florides après le traité de Versailles en 1783 marquent le moment de la plus grande expansion de l’empire espagnol en Amérique du Nord. Aussi vastes soient-ils, ces espaces ne possèdent qu’une importance marginale dans le dispositif impérial, mais possèdent un rôle géopolitique crucial dans la mesure où ils facilitent le contrôle du golfe du Mexique ainsi que la protection de la Nouvelle-Espagne face aux ambitions anglo- américaines. Une telle fonction géopolitique et militaire explique, selon Silvia Hilton, une gestion essentiellement pragmatique de ces territoires frontaliers caractérisées par un investissement en moyens humains et économiques réduit. Dans ce contexte, les espaces les plus éloignés, se trouvant au contact des mondes angloaméricain et amérindien apparaissent comme des lieux dans lesquels la survie individuelle et collective est une lutte permanente. Ainsi, la documentation judiciaire et militaire que l’on peut trouver aux Archives des Indes révèle l’éventail des opportunités s’offrant aux acteurs en place. Les opportunités d’accommodements, de négociations, trafics et mobilités tendent à façonner non seulement une grande fluidité sociale et identitaire mais aussi des stratégies en permanente évolution : dans ces espaces frontaliers, la frontière entre ce qui la légalité et l’illégalité, l’intégration et la marginalisation, la loyauté et la trahison paraît bien poreuse.