Conférence « L’adolescent et sa famille »

Conférence « L’adolescent et sa famille »

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La Commission Culture vous convie à une conférence intitulée « L’adolescent et sa famille ». Celle-ci, présentée par Sébastien Chapellon, Maître de conférences en psychologie, se déroulera le jeudi 22 octobre 2020 à 18h30 à l’Amphi A.

Lorsqu’on assiste à un repas de famille où des adolescents sont présents, il n’est pas rare d’observer une difficulté concernant leur positionnement. Tandis que les adultes se demandent à quelle table les placer : avec les « grands », ou avec les enfants ? On devine que l’adolescent sera rarement à l’aise avec les adultes, qui ne le seront pas forcément non plus. Cependant, il n’est plus vraiment un enfant. Alors où le mettre, que faire de lui, et que peut-il faire avec nous, « les vieux » ? Cette question a été posée avec une rare intensité en période de confinement, lorsque les parents se sont retrouvés dans une proximité rare et souvent périlleuse avec leur « ado », qui parfois n’en pouvait plus. Aussi, est-il intéressant de discuter du fonctionnement psychique de l’adolescent pour envisager la manière dont il agit sur le lien à ses aînés.

L’adolescence une période charnière

L’adolescence représente une période charnière de la vie, qui pose bien des questions aux uns et aux autres. Chose certaine, elle n’est pas la continuité de l’enfance. La puberté introduit en effet une rupture dans le développement physiologique et affectif du sujet. Rupture qui fait que l’ex- enfant n’est plus aussi à l’aise avec lui-même et avec les autres qu’il avait pu l’être. Une distance s’installe entre l’adolescent et ses parents, notamment. Distance nécessaire ? Elle semble en tout cas recherchée par les « ados », qui, en fonction de leur expérience familiale, de leur appartenance de leur appartenance culturelle, vont tous désirer mettre un peu plus de distance avec les grands, pour chercher à trouver un peu plus d’intimité. Dorénavant, il y aura plus de secret, plus de portes fermées (de portes qui claquent parfois), et les amis et les amours prendront plus de place. Souvent, le groupe, « la bande », aura une influence supérieure à celle de la famille. Les parents se sentiront fréquemment rejetés, ou tout au moins mis à l’écart. Le lien avec celui ou celle qui reste leur « enfant » sera plus flou, moins certain. Pour autant, les adultes n’ont-ils plus de rôle à jouer, si ce n’est celui de regarder éventuellement la crise se dérouler ? Non. Un des nombreux paradoxes qu’engendre cette phase de l’existence tient en effet au fait que si l’adolescent a besoin de s’écarter des adultes et de créer une nouvelle distance avec eux, il a néanmoins vitalement besoin de les sentir présents auprès de lui. Aussi, dans cette conférence, nous tenterons de réfléchir aux raisons pour lesquelles tout en s’éloignant des adultes, pour grandir, l’adolescent a toutefois besoin de s’appuyer sur eux, dans un mouvement de rejet qui est en fait souvent un appel…

Quelques mots sur le conférencier

Sébastien Chapellon est psychologue clinicien, et Maître de conférences en psychologie au sein de l’Unité de recherche MINEA, à l’Université de Guyane. Il s’intéresse aux travail d’équipe en institutions médico-sociales, ainsi qu’aux interactions adultes-enfants, et notamment au cours de l’adolescence. Ces travaux portent, par ailleurs, sur le rôle du mensonge dans les relations humaines. Il en sera donc aussi un peu question durant cette conférence.

Travaux les plus récents (consultables sur CAIRN, notamment) :

Chapellon S. (2020). Franchir une frontière à l’adolescence, Adolescence, 38-1, 225-243.

Chapellon S & Qribi A. (2020). Incidences de la scolarisation de l’enfant sur le lien à ses parents, Administration & Éducation, 166-2, 127-133.

Chapellon S & Vicente C. (2019). Éloges de l’autorité Pourquoi les adolescents éprouvent-ils le besoin de la tester ?, Bulletin de psychologie, 562-4, 305-313.

Chapellon S. (2019). Violence dans le travail d’équipe, Adolescence, 37-2, 423-438.

Chapellon S & Gontier É. (2019). Une forme d’expression des processus de contagion psychique familial : le mensonge, Le divan Familial, 42, 17-34.