L’histoplasmose chez le patient infecté par le VIH en Guyane Française


Doctorant :  Monsieur Antoine ADENIS
Directeur de thèse : Monsieur Mathieu NACHER, Professeur, PU-PH à l’Université de Guyane
Date : 21 novembre 2017
Résumé : Les infections fongiques invasives sont responsables d’infections opportunistes majeures, portes d’entrée du stade de l’immunodéficience acquise (SIDA) au cours de l’infection par le virus de l’immunodéficience humaine(VIH). Parmi celles-ci, l’histoplasmose était décrite comme une des principales infections opportunistes et une des premières causes de décès au stade SIDA en Guyane française.

Sur la base d’une revue de la littérature plusieurs travaux scientifiques ont été menés. Le taux d’incidence de l’histoplasmose était estimé à 1,5 pour 100 personnes-années infectées par le VIH. Elle était classée première infection opportuniste au stade SIDA depuis la mise à disposition des trithérapies antirétrovirales en 1997. Les tendances temporelles récentes décrivaient un nombre de cas incidents stabilisé à un niveau élevé et une proportion de décès à un mois inférieure à 10%, divisée par quatre depuis la période 1992-1997. La description de l’influence importante des paramètres climatiques, accompagnée d’une saisonnalité franche, se traduisait par une surincidence significative des cas de coinfection histoplasmose et VIH en fin de saison sèche et début de petite saison des pluies. On pouvait en conclure que le principal processus menant à une maladie symptomatique en zone d’endémie était une nouvelle infection dans l’environnement. Fréquemment confondues au stade avancé de l’infection par le VIH, la comparaison des cas de tuberculose aux cas d’histoplasmose retrouvait des différences notables : un profil clinique respiratoire dans un contexte inflammatoire marqué pour la tuberculose et un profil disséminé accompagné de cytopénies et d’anomalies des tests hépatiques chez des patients plus immunodéprimés pour l’histoplasmose. Dans l’attente de la mise à disposition de méthodes diagnostiques rapides et spécifiques, l’évaluation d’un test commercial de détection sérique de l’antigène galactomananne d’Aspergillus sp. était pertinente pour le diagnostic de l’histoplasmose. Dans l’objectif de réduire encore la mortalité liée à l’histoplasmose, une redéfinition des critères de sévérité et le développement d’arguments pour une stratégie thérapeutique empirique à visée antifongique toujours plus agressive étaient proposés.

Les résultats préliminaires de nos projets démontraient la présence (au Suriname et au Guyana) et une incidence, à priori importante voire supérieure à la Guyane française, de l’histoplasmose chez les patients infectés par le VIH du Suriname. A l’échelle de l’Amérique Latine, la mortalité liée à l’histoplasmose était estimée équivalente voire supérieure à celle de la tuberculose chez les patients infectés par le VIH. L’histoplasmose chez les patients infectés par le VIH était jugée négligée, méconnue, responsable de nombreux décès évitables en Amérique Latine. Une initiative est en cours pour l’intégration de cette problématique dans les programmes nationaux et internationaux dans l’objectif de réduire la mortalité liée au stade SIDA de l’infection par le VIH.

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