Étude des perceptions et comportements associés aux arboviroses prioritaires en Guyane


Sujet : « Étude des perceptions et comportements associés aux arboviroses prioritaires en Guyane  ».
Doctorant :  Mme Camille FRITZELL
Directeur de thèse : Monsieur KAZANJI Mirad et Monsieur FLAMAND Claude
Date : jeudi 20 décembre 2018 à 15h00 à l’Institut Pasteur à Paris

Résumé :

Les arboviroses représentent un problème majeur de santé publique qui n’a cessé de prendre de l’ampleur au cours des dernières décennies. Récemment, les virus du chikungunya et du zika ont fait l’objet d’une attention particulière compte tenu de leur rapide expansion géographique et de leur haut potentiel épidémique. La compréhension des facteurs socio-comportementaux des populations face à ces maladies représente un intérêt majeur pour l’amélioration des campagnes de prévention de lutte anti-vectorielle. Nous avons abordé dans le cadre de cette thèse les perceptions et les comportements de la population guyanaise face à l’émergence du chikungunya et du zika et les avons mis en relation avec l’infection réelle des individus par un de ces arbovirus. Nous avons pour cela réalisé trois enquêtes, une en milieu scolaire lors de l’émergence du chikungunya, une chez les adultes lors de l’émergence du zika, et une enquête de séroprévalence en population générale à distance des épidémies. Nos résultats suggèrent l’existence d’une distribution sociodémographique et socio-économique dans les perceptions des risques associés au zika et au chikungunya. Nous avons montré que l’adoption de comportements de protection et la probabilité d’infection par un arbovirus apparaissent comme des processus multifactoriels qui dépendent aussi bien de variables socio-économiques, qu’environnementales et cognitives. D’une manière générale, la situation épidémiologique est susceptible de moduler les perceptions et les comportements de protection. Ces résultats ont permis d’identifier des groupes d’individus prioritaires pour les futurs programmes de prévention incluant préférentiellement les individus de plus de 50 ans, issus de populations défavorisées ou vivant dans certaines communes du Maroni ou de l’Oyapock pouvant être particulièrement impactées par les épidémies. Ces travaux soulignent enfin la nécessité de continuer les actions de santé publique, bien après les périodes de début d’épidémie fréquemment associées à une forte couverture médiatique, afin de maintenir un niveau de protection constant durant la période de forte transmission. La mise en place d’études longitudinales devrait permettre dans le futur, de mieux investiguer la dynamique spatio-temporelle des perceptions du risque associé aux arboviroses mais également des comportements de protection.

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