Epidémiologie des maladies infectieuses et épidémiques en milieu isolé Amazonien

Doctorant : Emilie MOSNIER
Date : 13 juin 2017
Directeurs de Thèse : Mathieu NACHER, Professeur des Universités-Praticien Hospitalier à l’Université de Guyane.

Résumé : Les études épidémiologiques sur les maladies infectieuses et les épidémies dans les régions isolées de la Guyane française sont rares. Cependant, de nombreuses communautés différentes vivent dans ces zones de forêts tropicales. Parmi ces populations, les orpailleurs illégaux et les populations autochtones amérindiennes occupent une place particulière sur le plan sanitaire en raison de leurs conditions de vie précaires.

L’objectif principal de ce travail est d’analyser les principales données épidémiologiques résultant de l’exercice clinique et des investigations sur les maladies infectieuses et épidémiques menées dans les centres de santé des régions isolées et frontalières de la Guyane. Le but étant au vu de ces résultats, d’évaluer, d’optimiser et de discuter des points clés en santé publique dans ces régions éloignées.

Les résultats de l’étude comparative, zones urbaines versus zones isolées, portant sur les personnes vivant avec le VIH a mit en évidence des éléments originaux expliquant la dynamique singulière de l’épidémie. Les orpailleurs illégaux d’origine brésilienne, population clés, représentent un nombre important de cas et participent à l’augmentation récente des cas en zones reculées. De même, sur le plan spatial, nous avons mis en évidence l’importance des zones fluviales frontalières qui constituent des zones actives de l’épidémie en termes de passage et possible propagation mais aussi en termes de prévention, dépistage et traitement. Les investigations des épidémies de shigellose, de grippe et surtout de béribéri chez les orpailleurs soulignent le lien entre conditions de vie dégradées et problématiques de santé. La description des cas groupés de cryptosporidiose chez les enfants immunocompétents amérindiens reflètent les composantes multifactorielles des épidémies en maladies infectieuses en zones isolées mettant en jeux des comportements humains spécifiques avec les caractéristiques complexes des écosystèmes tropicaux. La sévérité et la diversité des co-infections parasitaires, virales et bactériennes associés au besoin primaire de sécurité nutritionnelle rappellent les difficultés mais aussi l’urgence de l’adaptation des politiques de santé publiques aux populations éloignées. Enfin, l’étude menée sur le paludisme autochtone a tenté de discuter d’une nouvelle approche afin d’identifier et de traiter les infections asymptomatiques dans une zone de transmission endémique amérindienne. Des actions ciblées adaptés aux populations, associées à une surveillance transfrontalière sont nécessaires afin d’accélérer les efforts de control du paludisme dans la région.

La description des enjeux sanitaires et de l’état de santé des populations isolées dans les régions éloignées est cruciale pour la mise en œuvre d’une politique de santé optimisé en Guyane. Les pathologies « négligées » sont fréquentes en milieu tropical amazonien la question ici soulevée est d’éviter d’avoir à parler de « populations négligés ». Compte tenu de l’importance de contrôler les maladies transmissibles et de la gravité des pathologies décrites, de nouvelles stratégies sont nécessaires et devraient être discutées avec les communautés concernées.

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