Etude de la dynamique de fleuves tropicaux par mesures in situ et de télédétection : Cas du Maroni, de l’Oyapock et de l’Orénoque


Doctorant : Marjorie GALLAY (Université de Guyane).
Directrice de thèse : Antoine GARDEL, chargé de recherches au CNRS
Date : 17 octobre 2017

Résumé : L’eau des fleuves, des rivières, des lacs et des réservoirs ne représente que 0,26 % des 2,5 % (35 millions de km3) d’eau douce disponibles à l’état liquide sur Terre or sa qualité et quantité ont fortement diminué ces dernières années. Sa dégradation a des conséquences sur l’agriculture, la santé, l’environnement et l’économie des territoires et est aujourd’hui au centre des préoccupations. Les objectifs de la présente thèse sont pour trois fleuves localisés au nord de l’Amérique du Sud (l’Orénoque, le Maroni, l’Oyapock): (i) d’utiliser et d’adapter des outils novateurs de télédétection pour suivre et quantifier, sur du long terme, leurs charges sédimentaires en suspension, (ii) d’évaluer l’existence de tendances spatio-temporelles, ainsi que de ruptures dans les chroniques de données, (iii) de quantifier la part organique et minérale de ces charges, (iv) d’apprécier le rôle des facteurs naturels (débits et précipitations) et anthropiques (surfaces urbaines, agricoles et minières) sur les tendances observées et enfin, (v) de discuter de seuils de charges pour le suivi de la qualité de l’eau.

Les résultats ont montré qu’il est possible de suivre les concentrations de matières en suspension, pour les fleuves Orénoque et Maroni avec une erreur relative de 32 et 25%. Sur la période 2001-2016, des tendances spatio-temporelles régulières ont été observées pour l’Orénoque, alors qu’elles sont en augmentation pour le Maroni avec une rupture en 2009 et en diminution pour l’Oyapock depuis 2008 (données in situ). Un lien fort avec les surfaces minières et les produits de précipitations est observé pour le Maroni alors que pour l’Oyapock les tendances sont liées aux débits.

Pour les deux années d’études (2014-2016), les charges minérales ont représenté la plus forte fraction des particules transportées dans les eaux du Maroni au Saut Hermina (en moyenne 93 %) et de l’Oyapock au Saut Maripa (en moyenne 82 %) avec une grande variabilité selon les mois de la teneur en carbone dans les matières transportées et pour les deux fleuves. Enfin, les rapports C/N et C/Chl-a ont dévoilé des matières organiques d’origine principalement endogène avec une forte biomasse chlorophyllienne surtout durant les basses eaux.

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