Structuration des communautés de fourmis de la litière en forêt guyanaise


Sujet : Structuration des communautés de fourmis de la litière en forêt guyanaise
Doctorant :Madame Mélanie FICHAUX
Directeur de thèse : Monsieur Jérôme ORIVEL et Monsieur Christopher BARALOTO
Date : Mercredi 26 septembre 2018 à 09h00 au Campus Agronomique de Kourou – Université de Guyane.

Résumé :
L’objectif général de cette thèse est de déterminer quelles sont les règles d’assemblages des communautés de fourmis en forêt tropicale. Plus spécifiquement, nous avons étudié le rôle de l’exclusion compétitive, du filtrage environnemental et des limites de dispersion dans la distribution des espèces de fourmis de la litière en forêt guyanaise. Pour cela, nous avons évalué comment la diversité des assemblages de fourmis varie le long de gradients environnementaux et géographiques, en considérant les trois facettes de la diversité (i.e. taxonomique, phylogénétique et fonctionnelle) à différentes échelles spatiales. Les fourmis ont été récoltées dans cinq sites au sein de la région, à l’aide de deux pièges complémentaires – les pots-pièges (« pitfall traps ») et les mini-extracteurs Winkler – conformément au protocole de récolte ALL (« Ants of the Leaf Litter Protocol »). Dans un premier temps, nous avons évalué le rôle du filtrage environnemental et de l’exclusion compétitive dans l’assemblage des espèces à l’échelle locale. Pour cela, nous avons évalué la variation de la diversité et de la structure des assemblages entre habitats contrastés près de Saül (forêts de plateau, de pente et de bas-fond) et d’un gradient altitudinal le long du Mont Itoupé. Des patrons observés de structure fonctionnelle et phylogénétique plus faibles qu’attendus au hasard suggèrent que le filtrage environnemental agit sur la distribution des espèces en Guyane. En revanche, l’hypothèse d’une sur-dispersion fonctionnelle et/ou phylogénétique entre espèces qui co-occurrent localement (i.e. à l’échelle des points de récolte) n’est pas soutenue par nos résultats. Nous avons par la suite intégré la dimension spatiale afin de déterminer le rôle respectif de facteurs environnementaux et spatiaux dans la variation de la diversité des assemblages de fourmis. Nos résultats montrent que les communautés de fourmis sont fortement structurées par les variations environnementales à l’échelle régionale. Toutefois, la géographie influence également la distribution des espèces de fourmis à travers la région. D’après l’ensemble de nos résultats, le filtrage environnemental semble être la force majeure de structuration des assemblages d’espèces de fourmis en forêt guyanaise, tant à l’échelle locale qu’à l’échelle régionale. Ainsi, en réponse aux variations environnementales, les espèces sont réparties de manière fragmentaire sur le territoire. Les patrons de diversité sont également influencés par la géographie à l’échelle régionale, résultant en un turnover dans la composition spécifique des assemblages de fourmis entre localités éloignées. Ce travail ouvre la voie à l’intégration des fourmis dans des analyses des patrons coordonnés de diversité de différents groupes taxonomiques inventoriés conjointement, dans le but d’orienter les stratégies de conservation de la biodiversité et à améliorer les modèles de distribution des espèces en réponse aux changements climatiques.

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