Frontières viralisées

Frontières viralisées

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Dans le cadre du séminaire Frontières, circulations, interculturalités et interactions Hommes-Milieux, les laboratoires LEEISA et MINEA organisent une table ronde autour du projet Amerfront, le vendredi 4 décembre 2020 à partir de 17h à l’Amphi A

La pandémie COVID 19 a frappé en 2020 un monde globalisé de plein fouet en jetant une lumière crue sur les dysfonctionnements et fractures des sociétés actuelles. Face à l’épidémie, les mobilités humaines, au cœur des dynamiques migratoires dans un système interconnecté, sont devenues la cible principale : à défaut de maîtriser un virus inconnu, il s’agit pour les différents gouvernements de contrôler son vecteur, c’est-à-dire les déplacements. Confinement, couvre-feu mais aussi réactualisation des frontières sont la pierre angulaire des dispositifs mis en place pour lutter contre la pandémie.

Plus que jamais, dans le contexte d’état d’urgence sanitaire qui est le nôtre, la question des frontières se pose de façon prégnante. En premier lieu, la pandémie actuelle accélère un phénomène de fermeture des frontières et de crispation des égoïsmes nationaux déjà entamé au cours de la décennie précédente. Elle contribue également à la réactualisation, voire à l’invention de nouvelles frontières, à l’intérieur même de territoires nationaux morcelés par les interdictions de déplacement d’une circonscription à une autre ou par un traitement administratif et/ou sanitaire localisé. Ces mesures contraignantes caractérisent le retour au premier plan de la représentation d’une frontière-ligne dont la réactualisation doit permettre d’ériger une barrière face à la pandémie. Elles impactent à ce titre le quotidien des populations frontalières dont les habitudes de mobilité ont contribué sur le temps long à façonner une frontière épaisse aux dynamiques locales propres. Enfin, la crise actuelle génère des réactions contrastées au sein même des populations, depuis les appels assumés à la fermeture de la frontière ou l’accroissement des actes discriminatoires comme la dénonciation du danger que représentent ceux « d’en-face » jusqu’à la remobilisation des stratégies de contournement et d’effacement d’une frontière-ligne perçue comme artificielle et déconnectée des réalités locales. Cette table-ronde poursuit ainsi la réflexion entamée par l’équipe du projet sur les « frontières vécues » à travers le prisme de la notion d’échec souvent associée aux régions de confins.

Le séminaire « Frontières, circulations, interculturalités et interactions Hommes-Milieux » est organisé par Agnès Clerc-Renaud (LEEISA), Soizic Croguennec (MINEA), Damien Davy (LEEISA), Rosuel Lima Pereira (MINEA), Silvia Macedo (MINEA) et Marianne Palisse (LEEISA) et entre dans le cadre des actions du projet AMERFRONT (MINEA/UG), coordonné par Soizic Croguennec et Tina Harpin. Il s’adresse particulièrement aux doctorants de l’UG et aux étudiants de deux masters, le master Civilisations, cultures et sociétés « sociétés et interculturalité » du DFR LSH (master CCS-SI) et le master « Pratiques et Ingénierie de l’éducation, du Travail et de l’Action Sociale » de l’INSPÉ (master PIETAS).

Intervenants :
Silvia Macedo (MINEA – par Zoom) « Je peux aller à l’école ? La COVID 19, une caisse de résonance des continuités et ruptures socioéducatives produites par la frontière franco-brésilienne ».


Damien Davy (LEEISA – OHM Oyapock) et Stéphane Granger (docteur en géographie – OHM Oyapock) : « COVID et peuple autochtone en Guyane et en Amazonie »


Soizic Croguennec (MINEA) : « COVID 19, Title 42 et accélération de la politique trumpienne à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique »