Vers un modèle distinct de gestion de la délinquance juvénile en Guyane française ?

Vers un modèle distinct de gestion de la délinquance juvénile en Guyane française ?

Dans le cadre des jeudis-conférences organisés par le laboratoire MINEA et la Commission Culture de l’Université de Guyane, Claire PALMISTE donnera une conférence intitulée « Vers un modèle distinct de gestion de la délinquance juvénile en Guyane française ? ». Celle-ci aura lieu le jeudi 14 avril 2022 à 18h à l’Amphithéâtre A.

Cette intervention s’inscrit dans le cadre d’une recherche longitudinale dont le but est de comparer la gestion de la délinquance juvénile sur des territoires anciennement colonisés par les Français et les Britanniques dans les Amériques. La première partie de la recherche a révélé que le statut des colonies de Martinique et de Guadeloupe (régies par Le Senatus Consulte du 3 mai 1854) avait conditionné leur gestion de la délinquance juvénile au XXème siècle.  Alors que dans la Métropole, les mesures de protection et de liberté surveillée étaient mises en place dès 1912, ces colonies tardèrent à les appliquer. En Guadeloupe, les contraintes et préoccupations financières conduisirent les autorités coloniales à confier cette gestion aux congrégations religieuses, tandis qu’en Martinique un autre modèle émargea, celui d’une prise en charge par le Conseil général en 1929.

La Guyane se distingue des colonies antillaises : à partir du 30 mai 1854, le bagne situé en Guyane accueillait les condamnés à la peine des travaux forcés, puis à partir du 27 mai 1885, les relégués récidivistes jugés « incorrigibles » étaient voués à l’exil, une fois leur peine purgée (J.L Sanchez, 2013).

Cette spécificité de la Guyane française en tant que colonie pénale, a-t-elle pu influencer la mise en place des mesures de protection des mineurs délinquants en Guyane dans la première moitié du XXème siècle ? En outre, le manque de fonctionnaires qualifiés du service judiciaire, observé dans les années 30, laisse entrevoir une gestion locale de la délinquance juvénile.

Articles sur ce sujet

2020 “Les mineurs devant le tribunal de première instance en Martinique (1937-1944): enjeux et stratégies », in Criminocorpus, L’Enfance au tribunal, de l’Antiquité à nos jours, direction de Sophie Victorien et Martine Kaluszynski. https://journals.openedition.org/criminocorpus/7046#bibliography

2018– “Qu’on leur donne du pain, de l’instruction et de la foi: Réponse de l’Église face aux problèmes des jeunes inadaptés en Guadeloupe (1935- 1990)”.  Bulletin de la Société d’Histoire de la Guadeloupe, n°179, janv-avril 2018 ; pp. 3-21. https://www.erudit.org/fr/revues/bshg/2018-n179-bshg04084/1053505ar/

2018– Rééduquer de « mauvaises filles » et de « mauvais garçons » dans un département d’outre-mer : deux exemples de foyer pour mineurs délinquants en Guadeloupe : Saint-Jean Bosco et Notre Dame de Grâce (1935-1970).”. Article en cours de publication

A propos de la conférencière
Claire Palmiste est maîtresse de conférences à l’Université de Guyane depuis 2019. Ses recherches s’articulent autour de 2 axes : les tensions juridictionnelles entre gouvernement fédéral, États et tribus autochtones aux États-Unis, à travers le cas de l’adoption transraciale d’enfants autochtones par des familles blanches aux USA. Elle mène simultanément depuis 2017 une étude comparative des modèles de gestion des mineurs délinquants dans les anciennes colonies françaises et britanniques d’Amérique.